Cellules gliales & douleur chronique : Cas clinique
Cette deuxième session du Dr Étienne Masquelier passe de la théorie à la pratique : comment intégrer l'activation gliale et la sensibilisation centrale dans la consultation quotidienne. Au programme : reconnaître la douleur nociplastique, structurer l'exercice et le pacing comme socle thérapeutique, explorer les molécules neuromodulatrices (PEA, naltrexone à faible dose, mémantine, N-acétylcystéine), l'alimentation anti-inflammatoire et les techniques de neurostimulation. Une approche bio-psycho-sociale appliquée, illustrée par des cas cliniques issus de sa pratique.
Au programme
- Rappel synthétique : neuroinflammation, activation microgliale, sensibilisation centrale
- Reconnaître la douleur nociplastique en consultation
- Cas cliniques : fibromyalgie, lombalgies chroniques, douleurs diffuses, syndrome de fatigue chronique
- Exercice & pacing : socle thérapeutique et données précliniques
- Molécules neuromodulatrices : PEA, naltrexone à faible dose, mémantine, N-acétylcystéine
- Alimentation anti-inflammatoire et neurostimulation (rTMS, nerf vague)
Points clés
- L'activation gliale chronique se documente désormais chez l'humain (imagerie TEP) dans la fibromyalgie et la lombalgie chronique, sous la forme d'une neuroinflammation de bas grade invisible aux prises de sang classiques.
- D'après les données présentées par le Dr Masquelier, l'exercice aérobie et de renforcement, progressif et régulier, crée un environnement neuroprotecteur ; le pacing reste indispensable pour limiter le malaise post-effort.
- Selon l'expérience clinique du Dr Masquelier, la naltrexone à faible dose (titration de 1 à 4,5 mg/j) identifie un sous-groupe répondeur, avec un profil de tolérance favorable (rêves vifs en effet indésirable principal, pas de toxicité rénale/hépatique documentée).
- Dans sa série, la mémantine (5 à 20 mg) donne approximativement un tiers de bons répondeurs, un tiers d'effets indésirables limitants, un tiers de non-réponse — à réserver à des patients déjà engagés dans exercice, kiné et pacing.
- L'approche reste intégrative : alimentation anti-inflammatoire, sommeil, gestion du stress, neurostimulation (rTMS, nerf vague) participent au faisceau de leviers — aucun outil n'agit isolément.
Qui est l'intervenant ?
Le Dr Étienne Masquelier est médecin spécialiste en médecine physique et réadaptation, avec une expertise reconnue dans la prise en charge de la douleur chronique. Longtemps actif au sein du réseau UCL (Université catholique de Louvain), il exerce aujourd'hui en clinique privée en Belgique. Il a contribué activement aux travaux de l'Inserm sur la fibromyalgie et a participé à l'élaboration de recommandations cliniques sur cette pathologie. Son intérêt particulier porte sur le rôle des cellules gliales dans la douleur chronique, sujet pour lequel il prépare actuellement un ouvrage. Il a également été promoteur de mémoires universitaires (UCL, faculté de pharmacie de Liège) sur la naltrexone à faible dose et la mémantine en pratique algologique. Son approche conjugue rigueur scientifique, expérience clinique et perspective bio-psycho-sociale.